Calcul mental

Dimanche 2 mai

Dans un magasin. La personne à la caisse, qui semble avoir entre vingt et vingt-cinq ans, s’occupe d’encoder les prix de mes différents achats.

Suite à une erreur, le montant que je dois se trouve réparti en deux tickets. Il suffit de les additionner pour connaître la somme à payer. Tout en tapant lentement sur sa calculatrice, la personne dit les deux nombres à voix haute, pour elle-même : 10,45 € et 13,15 €.

Par calcul mental, j’arrive au résultat de 23,60 € une ou deux secondes avant qu’elle le lise sur l’écran de son appareil. Je me mets déjà à fouiller dans mon porte-monnaie.

Il m’est impossible de fournir le compte exact : je ne dispose que d’un billet de 50 €. Cela dit, je sais que j’ai également avec moi une bonne quantité de pièces. Pour faciliter la tâche à la personne à la caisse lorsqu’elle devra me rendre la monnaie, je lui donne ainsi 53,60 €, et ce en aussi peu de pièces que possible (2 + 1 + 0,5 + 0,1).

Mais il s’avère rapidement que ces pièces de monnaie que je lui donne en plus de mon simple billet semblent la tracasser. Elle paraît se demander pourquoi je lui donne des pièces alors que le billet suffit déjà à payer le montant total de mes achats.

Sans dire un mot, elle reprend sa calculatrice en main mais reste ensuite immobile, ne sachant apparemment pas quoi y taper.

La voyant en difficulté, je lui indique que j’ai fait ceci pour qu’elle puisse me rendre directement des billets, sans devoir s’embêter avec des pièces. Mais ça ne semble pas l’aider davantage, car elle me (et se) demande combien d’argent elle doit me rendre.

Patiemment, j’énonce le calcul : cinquante-trois soixante moins vingt-trois soixante… « Vingt euros ? » me répond-elle alors avec hésitation. « Trente », lui dis-je. Et cette personne d’ensuite me donner un billet de 20 et un billet de 10.

J’avais déjà pu constater les lacunes en calcul mental chez les trentenaires actuels, parfois assez sérieuses. Mais les dégâts semblent encore bien plus graves chez cette personne vingtenaire.

D’une certaine manière, cette histoire me rappelle un article que j’avais pu lire en 2009 dans le journal qui s’appelait alors encore La Libre Belgique, et dont je viens de retrouver une copie en ligne : « Navirs », « bâteaus » et autres naufrages.

Trace quotidienne d’une lente et longue régression.