FLoC, la nouvelle arnaque de Google

Dimanche 16 mai

J’étais un peu passé à côté de ce truc. Curieusement, c’est via un commit dans Laravel que je suis tombé dessus.

Depuis, j’ai lu un certain nombre de choses fort intéressantes sur le sujet (via l’EFF, la Quadrature, etc.).

L’idée, en très résumé : pour remplacer le « besoin » (notez les gros guillemets) d’espionner les gens via des cookies tiers, Google veut que ce soit directement le navigateur qui s’occupe de fliquer toutes les habitudes et l’historique de navigation des internautes. Voilà le genre d’idées qui, apparemment, vous vient naturellement à l’esprit quand vous êtes une multinationale monstrueusement puissante en situation de quasi monopole à la fois sur le marché de la publicité en ligne et dans le secteur des navigateurs.

Bien entendu, Google présente ceci comme bénéfique pour le respect de la vie privée (plus c’est gros, plus ça passe). Et fait également du technology-washing en « proposant » ce standard au W3C (une pratique de cheval de Troie dont j’avais déjà parlé au sujet d’Apple, notamment, mais à laquelle beaucoup d’autres se sont adonnés, tels Microsoft, Adobe, la MPAA, etc.).

Dans le commit mentionné plus haut, Taylor Otwell rajoutait, après suggestion par quelqu’un d’autre, un peu de code pour faire en sorte que, par défaut, le framework émette une en-tête HTTP permettant un « opt-out » de FLoC. Un commit qu’il a ensuite annulé après que quelques types aient râlé juste pour le plaisir, ce qui a aussitôt poussé d’autres gens à reproposer le même code, notamment via un package.

Dans l’une des nombreuses choses lues sur le sujet, quelqu’un se demandait très sérieusement si, à un moment donné, Google n’allait pas tout simplement se torcher le derrière avec les en-têtes d’opt-out, exactement comme ils l’ont fait avec les navigateurs explicitement configurés pour envoyer l’en-tête Do Not Track. C’est une possibilité qui me semble très probable, et d’autant plus que, me semble-t-il, personne ne pourrait prouver que Google violerait ses engagements.

Bref, encore une belle saloperie de plus.

Au passage, via mes lectures, je suis tombé sur cet article indirectement lié au sujet, sur le business super malsain des pubs mensongères et de comment Facebook, via ses capacités de fliquage hyper précises, facilite énormément la tâche des escrocs. Miam.