Bitcoin et consommation énergétique

Lundi 16 août

Un simple coup d’œil à la page d’accueil du site Digiconomist suffit pour comprendre que les « cryptomonnaies », et en particulier le Bitcoin, sont une des raisons majeures pour lesquelles les pires scénarios du GIEC vont très probablement se réaliser.

Quelques titres, juste pour rigoler :

Un article intéressant, How China’s Bitcoin mining ban affects energy consumption estimates, explique les conséquences d’une récente décision politique de la Chine d’interdire le « minage » de Bitcoin sur son territoire sur les capacités de calcul du réseau. Et, surtout, que les conséquences de cette décision (par délocalisation des machines, le recours à d’autres sources de production d’électricité, etc.) risque d’encore accélérer l’accroissement de l’empreinte carbone du Bitcoin.

Je ne me rappelle plus quelle était la source mais, depuis plusieurs années, je ressors de temps en temps cette comparaison : l’empreinte carbone d’une unique transaction en Bitcoin équivaut à celle d’un aller-retour Bruxelles-Paris en voiture. C’est stupéfiant.

Or, il se trouve que, en quelques années, la réalité est devenue encore bien plus cauchemardesque.

En lisant le Bitcoin Energy Consumption Index, on apprend que les chiffres actualisés estiment qu’une unique transaction en Bitcoin produit environ… 818 kilos de CO2. Quatre cinquièmes d’une tonne. Pour donner une idée de la folie que cela représente, le document indique que cela correspond à l’empreinte carbone de… 136 344 heures à regarder des vidéos sur YouTube™. Si ça ne vous dit toujours rien, 136 344 heures, ça fait un peu plus de… quinze ans et demi de vidéos, non-stop, vingt-quatre heures par jour.

Pour une seule transaction en Bitcoin.

L’empreinte carbone annuelle de tout le système/réseau Bitcoin, probablement encore sous-estimée, est calculée à plus de septante mégatonnes de CO2, soit une production équivalente à celle de la Grèce. Tout ça pour produire du vent. Et tout ça via un système qui a été volontairement conçu pour avoir la plus grande inefficacité énergétique possible, puisque c’est par ce moyen que le Bitcoin crée artificiellement de la « rareté » dans le domaine numérique (où, par définition, la rareté n’existe pas, la copie d’informations étant la première et la plus importante fonctionnalité de tout réseau informatique).

Niveau consommation électrique, c’est tout aussi fou. Pour une unique transaction, on estime que le Bitcoin crame plus de 1722 kWh d’électricité, soit, dit le document, la consommation d’un ménage américain moyen pendant deux mois. Je n’ai pas cherché très longtemps après un moyen de comparaison avec des ménages européens, mais je ne serais pas surpris qu’une famille moyenne, sous nos longitudes, tienne six mois ou plus avec autant d’électricité. Gaspillée en une seule transaction Bitcoin, donc.

La consommation électrique annuelle du Bitcoin est comparée avec celle de la Malaisie, pays comptant environ 33 millions d’habitants, à un peu plus de 148 térawatts-heures.

Je ne parle ici que de gaspillage d’énergie et de production de dioxyde de carbone, mais le Bitcoin Energy Consumption Index se penche également sur d’autres aspects vraiment stupéfiants. Au passage, il existe aussi un travail équivalent pour une autre « cryptomonnaie », l’Ethereum. Parce que, non, le Bitcoin n’est pas tout seul, il existe des brouettes entières de systèmes mafieux et mégalomaniaques du même acabit.

La fin de l’humanité est, décidément, sociologiquement fascinante…